
Diplomatie maritime du Maroc : enjeux et stratégies géopolitiques
Dans un contexte international marqué par des rivalités maritimes croissantes, Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, a récemment présenté une vision claire et structurée de la mer comme un axe central de la politique étrangère du Maroc. Il a souligné l’importance stratégique des espaces maritimes, les qualifiant d’« espace vital de continuité avec le monde » et mettant en exergue la nécessité de résoudre les différends maritimes dans un cadre constructif.
Les fondements de la diplomatie maritime marocaine reposent sur une histoire complexe où de nombreux conflits terrestres résultent des découpages coloniaux. Dans ce nouvel ordre international, alors que les États restaurent leur souveraineté sur leurs terres, l’attention se déplace vers les océans, où les tensions et les revendications s’intensifient.
En ce qui concerne le droit maritime, Nasser Bourita a rappelé que la politique extérieure du Maroc est guidée par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. Cette convention non seulement définit des droits, mais encourage également le dialogue et la coopération comme principes essentiels pour résoudre les différends. Le ministre a insisté sur l’importance des zones de développement conjoint, qui transforment les désaccords en opportunités de coopération.
Il a réaffirmé l’engagement du Maroc à exercer pleinement sa souveraineté maritime tout en nouant des relations de coopération responsable avec ses voisins et partenaires internationaux. La ratification de la Convention de 1982 et la délimitation officielle des espaces maritimes illustrent cette approche rigoureuse, soutenue par des lois claires sur les eaux territoriales et la zone économique exclusive.
Abordant les questions migratoires, Bourita a souligné l’engagement humaniste du Maroc en tant que partenaire fiable de l’Union européenne dans la gestion des flux migratoires. Il a décrit la coopération avec l’UE comme « ancienne, structurée et exigeante », englobant des domaines tels que la pêche, la protection civile et la gestion des frontières.
En ce qui concerne les ressources halieutiques, il a précisé que le Maroc permet l’accès à ses zones de pêche sous des règles de durabilité strictes, garantissant la préservation des écosystèmes tout en générant des bénéfices socio-économiques locaux. Les accords établis avec des partenaires tels que l’Union européenne, le Japon et la Fédération de Russie illustrent cette approche, qui s’inscrit dans une logique de coopération plutôt que de prédation des ressources.
Nasser Bourita a également abordé la politique énergétique du Maroc, qui vise à intégrer une part significative d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il a souligné que la dimension maritime joue un rôle clé dans la réalisation de ces objectifs, renforçant ainsi la position du Maroc parmi les leaders africains en matière d’action climatique.
Enfin, le ministre a mis en avant l’importance stratégique du Sahara, le considérant comme un « socle de l’unité nationale et un espace majeur pour le développement économique et maritime ». Les investissements dans les infrastructures régionales visent à faire de cette région un centre d’échanges commerciaux et logistiques. Dans une dynamique de diplomatie multipolaire, le Maroc développe des coopérations renforcées avec des pays comme la Chine, où les ports de grande capacité jouent un rôle essentiel dans le commerce maritime international.
La vision de Nasser Bourita concernant la diplomatie maritime marocaine souligne l’importance de la mer dans le développement économique et les relations internationales du Maroc. Grâce à une approche axée sur le droit maritime et la coopération, le Maroc se positionne comme un acteur clé dans les enjeux géopolitiques du Maghreb et au-delà. Cette stratégie ambitieuse est cruciale pour assurer la prospérité et la sécurité du pays, tout en renforçant ses partenariats avec des acteurs régionaux et internationaux.
Pour plus d’informations sur les enjeux maritimes, vous pouvez consulter les ressources suivantes :
Marine Insight,
Port Watch,
Organisation Maritime Internationale.



