
African Maritime Symposium : l’Afrique veut transformer son potentiel maritime en puissance économique
L’économie maritime africaine au centre des débats
Le 3e African Maritime Symposium, organisé à l’initiative du Policy Center for the New South, a placé l’avenir maritime de l’Afrique au cœur des discussions stratégiques.
Experts, responsables institutionnels et universitaires ont souligné l’urgence pour le continent de passer des grandes stratégies aux actions concrètes afin de bâtir une véritable puissance maritime africaine.
Un potentiel maritime considérable mais encore sous-exploité
L’Afrique dispose d’atouts majeurs :
- des milliers de kilomètres de côtes
- une position stratégique sur les grandes routes commerciales
- plus de 100 ports, dont une quarantaine jouent un rôle important dans le commerce continental
Mais les participants ont rappelé qu’un littoral étendu ne suffit pas. Le véritable enjeu réside dans la capacité à développer une économie maritime profonde, structurée et compétitive.
De nombreuses stratégies, mais peu d’exécution
Les débats ont mis en avant un paradoxe : l’Afrique dispose déjà de plusieurs cadres stratégiques, notamment autour de l’économie bleue, de la sécurité maritime et du développement portuaire.
Cependant, le principal défi reste leur mise en œuvre. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer ces feuilles de route en projets concrets, financés et mesurables.
Le financement, un défi central
La question du financement a occupé une place importante dans les échanges.
Les projets maritimes africains restent encore largement dépendants de financements extérieurs. Pour gagner en souveraineté, le continent devra progressivement créer ses propres mécanismes financiers adaptés aux infrastructures portuaires, à la logistique et à l’économie bleue.
Le capital humain, clé de la puissance maritime
Autre priorité : la formation.
Les intervenants ont appelé à renforcer les compétences africaines dans plusieurs domaines :
- métiers portuaires
- logistique maritime
- sécurité maritime
- transport maritime
- économie bleue
Sans capital humain qualifié, les ambitions maritimes du continent resteront difficiles à concrétiser.
Une meilleure coordination africaine nécessaire
Le symposium a également souligné le manque de coordination entre les pays africains.
Les participants ont plaidé pour une approche plus collective, fondée sur la mutualisation des expertises, les synergies régionales et une vision maritime commune.
Cette coordination est jugée essentielle dans un contexte mondial marqué par la compétition logistique, énergétique et géopolitique.
Parler d’une seule voix sur les enjeux maritimes
L’intégration de l’Union africaine au G20 renforce la visibilité internationale du continent.
Mais selon les intervenants, cette reconnaissance doit désormais s’accompagner d’une position africaine unifiée sur les grands dossiers maritimes : commerce, ports, énergie, sécurité, transport et économie bleue.
La Charte de Lomé, un outil encore sous-utilisé
Les débats ont aussi porté sur la Charte de Lomé, consacrée à la sûreté, à la sécurité maritime et au développement en Afrique.
Bien qu’elle soit considérée comme un instrument structurant, son faible niveau d’adhésion limite encore son impact. Les participants ont appelé à une meilleure appropriation de cet outil par les États africains.



