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Marine marchande nationale : Kayouh détaille la feuille de route post-Assises et les 21 nouveaux navires d’ici 2030

À l’issue des premières Assises maritimes nationales, tenues à Tanger les 21 et 22 mai 2026, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a accordé un entretien dans lequel il détaille les prochaines étapes de la stratégie navale marocaine et les mesures concrètes pour concrétiser la vision royale d’une marine marchande forte et compétitive. Parmi les engagements phares : 21 nouveaux navires mobilisés d’ici 2030.

Une étape historique franchie

Pour le ministre Kayouh, les Assises représentent l’aboutissement d’un travail de fond engagé depuis le discours royal de 2023. Depuis sa nomination en octobre 2024, le ministère a conduit une étude stratégique approfondie, en multipliant les réunions avec chaque département concerné : Agriculture et Pêche, Finances, Commerce extérieur, mais aussi avec les fédérations d’importateurs-exportateurs et l’ensemble des acteurs de la mer. L’objectif : constituer une force de proposition capable de se traduire en actions concrètes. Un rappel essentiel guide les travaux — 95 % du commerce extérieur du Maroc transite par la mer.

Des recommandations soumises au gouvernement

Les recommandations issues des Assises seront transmises au Chef du gouvernement et à l’ensemble du cabinet, afin que chaque département concerné contribue à l’objectif tracé par Sa Majesté le Roi. Cette approche interministérielle reflète la conviction que la renaissance maritime du Maroc ne peut être portée par un seul ministère : elle engage la fiscalité, le financement, la formation, la sécurité et la diplomatie économique.

Le plan flotte : 21 navires d’ici 2030

L’un des engagements les plus concrets issus de ces Assises est la mobilisation de 21 nouveaux navires d’ici 2030 pour étoffer la flotte marchande nationale. Cet objectif s’inscrit dans une stratégie globale visant à développer un pavillon marocain fort, notamment dans les segments stratégiques du transport de passagers et du fret mixte (ROPAX), secteurs où la souveraineté logistique du Royaume est directement en jeu. Pour y parvenir, le gouvernement entend mettre en place un ensemble d’instruments financiers et fiscaux adaptés : garanties publiques, registre international marocain et taxe au tonnage.

Formation et capital humain : l’autre défi

Le ministre a également insisté sur l’impératif de formation. Le secteur maritime marocain est confronté à un déficit estimé à près de 1 000 profils qualifiés par an. Pour y répondre, la création d’un nouveau collège maritime à Tanger et le renforcement de l’Institut supérieur d’études maritimes (ISEM) comme pôle d’excellence sont au programme. La formation aux métiers d’avenir — cybersécurité maritime, intelligence artificielle, technologies vertes — est également une priorité affichée.

Vers une coordination interministérielle renforcée

Pour Kayouh, la réussite de cette feuille de route repose sur une coordination étroite entre tous les ministères concernés. Le secteur maritime n’est plus une question technique périphérique : il est au cœur des enjeux de souveraineté économique, de transition énergétique et de positionnement géopolitique du Maroc à l’échelle atlantique et africaine. Les prochains mois seront décisifs pour traduire les recommandations des Assises en textes réglementaires et en décisions de financement concrètes.

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